Délibération° 2019 -3489 : Approbation du schéma directeur des énergies (sde)vers une stratégie énergétique métropolitaine à l’horizon 2030 

Conseil de Métropole du 13 mai 2019

Intervention de Pierre CURTELIN 

Monsieur le Président,

Cher(e)s Collègues,

Il ne se passe pas un jour sans que soit évoquées dans les médias, au sein de discussions, des débats, des enjeux électoraux actuels, les conséquences du changement climatique. Des collectifs manifestent, les lycéens font grève, les rapports tel celui de l’ONU encore récemment démontre le recul de la biodiversité… preuve en est que l’inquiétude et l’urgence d’agir mobilisent la planète. Rares sont ceux qui refusent la réalité sans doute pour tenter de maintenir encore des modèles éculés afin de garantir des intérêts individuels financiers à court terme.

Le constat est criant, alarmant et nous ne pouvons nous soustraire en tant qu’élus à nos obligations et prendre la pleine mesure de ces enjeux. Oui cet enjeu est mondial et il nous concerne tous, à tous les niveaux, à chaque échelon d’actions… et le silence et la non prise en compte de certains élus peuvent laisser perplexes. 

Nos modèles de consommation, notre façon de vivre doivent être repensés et nous voyons émerger le développement d’une économie dite solidaire et sociale, le soutien à une production locale afin de réduire les empreintes carbone, l’utilisation de matériaux moins énergivores et plus sains. Preuve d’une prise de conscience, de mutations de notre société, qui nous inscrivent dans une phase de transition à la faveur des principes de réalité.

Oui la transition énergétique s’impose à nous et à l’ensemble des acteurs qui détiennent les usages et les leviers. Cette transition énergétique répond en partie à la problématique du changement climatique. 

La transition énergétique est un enjeu de taille et les défis à relever certains. Les modèles jusque-là en vigueur concentraient quelques grands acteurs autour de la production et de la distribution de l’énergie. 

Les métropoles et les milieux urbains forts consommateurs d’énergies doivent, nous le savons, être en capacité de se transformer, de promouvoir un modèle plus local pour  répondre à des impératifs de sobriété et de décarbonisation, de mutualiser les besoins et favoriser les échanges. 

Sobriété oui car s’il faut le rappeler que la meilleure des économies en la matière est l’énergie que nous ne consommons pas !  Car la métropole ne produit que peu d’énergie ou le fait à titre expérimental sans pouvoir couvrir l’ensemble de ces besoins. Mais elle a le pouvoir d’agir sur sa consommation et expérimenter des solutions nouvelles.

Ce schéma des énergies est ambitieux et nous pouvons remercier les services pour le travail réalisé. Le rapport complet, dense et précis qui nous est présenté en témoigne. 

Mais face à l’ambition réalisable que nous soutenons, nous pouvons être à la fois enthousiastes et inquiets. Certes la nécessité fait loi mais si nous voulons atteindre les objectifs, nous savons que les moyens financiers dédiés doivent être multipliés par 5. Alors ayons ce courage !

La volonté de la métropole au travers des axes développés dans ce schéma repose sur

  • des territoires plus sobres en énergie et responsables à hauteur d’une réduction de 20%
  • La production d’énergies renouvelables et récupérables, notamment à partir de déchets et de boues des stations d’épuration, le développement des chaufferies bois et la diminution des gaz à effet de serre ;
  • Le développement et l’organisation des réseaux énergie ;
  • Et enfin la co-construction avec les territoires et les citoyens d’une logique d’actions adaptées aux spécificités.

Exemplaire, la métropole se doit de l’être et elle agit déjà sur son propre patrimoine. La lutte contre la précarité énergétique doit permettre à tous les habitants de bénéficier d’un logement répondant à leur besoins essentiels tout en garantissant un facteur de cohésion sociale.

Ce schéma directeur définit un cadre stratégique de la politique publique de transition énergétique et s’appuie bien évidemment sur ses champs d’actions et de compétences. Au premier chef, la politique de l’habitat et du logement du développement économique,  
de la mobilité,  du développement du cadre de vie en passant par la politique de gestion des déchets. La compétence énergie acquise depuis 4 ans lui permet de renforcer ses interventions dans le domaine de la transition énergétique. 

C’est pourquoi et nous l’avons encore évoqué ce matin à l’occasion du vote du PLU-H, nos schémas directeurs et plans territoriaux doivent être cohérents entre eux et s’articuler pour augmenter les synergies et rendre plus efficaces nos politiques publiques. 

Nous le constations ce schéma illustre bien la transversalité impérative des actions à mener et l’organisation des services métropolitains doit aller dans ce sens, être décloisonnée pour que les mots ne restent pas de vœux pieux. 

En outre,  ce schéma dense et ambitieux ne doit pas être un schéma considéré comme technocratique et doit pouvoir être compris et traduit dans les territoires. Les communes doivent pouvoir se l’approprier et interagir. 

Pour cela des temps d’information, d’échanges collaboratifs et partenariaux doivent être développés entre services métropolitains et communaux. Les outils doivent être adaptés au niveau des conférences territoriales des maires, par exemple, pour que les actions soient déclinées et appliquées. Les acteurs relais dans les territoires doivent être intégrer à toute démarche. Vous l’aurez compris les territoires sont des acteurs fondamentaux de réussite pour atteindre les objectifs. La base ne doit pas être coupée des prescripteurs…  

C’est pourquoi les communes, les arrondissements voire même les quartiers doivent être associés dès l’élaboration  jusqu’à leur mise en œuvre. 

Enfin un effort de pédagogie et d’information ne doit pas être négligé vers les citoyens. J’en veux pour exemple, certaines mesures prises qui ont pu faire l’objet d’incompréhensions et de rejets. Les 70 km/h appliqués sur le périphérique en sont une illustration et nourrissent des polémiques. Cependant au regard des controverses avancées relevant plus de craintes et de perception sur le rallongement des temps de parcours, les effets recherchés et obtenus représentent des gains considérables en matière de santé publique, de sécurité, de confort à moyen et long termes pour les citoyens (pollution de l’air moindre, diminution de la consommation d’énergies fossiles, une accidentologie en baisse, régression des nuisances sonores pour le voisinage, meilleure fluidité du trafic…)  

Il est vrai que les sentiments peuvent être ambivalents entre les besoins exprimés par les citoyens pour plus de confort, de  sécurité, l’aspiration à un cadre de vie plus propre et plus serein et l’immédiateté de la satisfaction d’un désir d’aller toujours plus vite… 

Je vous remercie de votre attention.