Délibération° 2019 -3681 : Association ATMO Auvergne Rhône-Alpes – Attribution d’une subvention pour son programme d’actions 2019

Conseil de Métropole du 08 juillet 2019

Intervention de Pierre CURTELIN 

Monsieur le président, Cher(e)s collègues,

Nul n’ignore désormais que la qualité de l’air impacte la santé de tous, mais est également en étroite corrélation avec le changement climatique.  

En 1988, l’ONU a créé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat  (GIEC) pour synthétiser les études scientifiques sur le climat. Il affirme dans son quatrième rapport, (auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays) que le réchauffement climatique depuis 1950 est « très probablement » dû à l’augmentation des gaz à effet de serre liésaux activités humaines. (La plupart des études ont 2100 comme horizon, mais le réchauffement devrait se poursuivre au-delà car même si les émissions s’arrêtaient, les océans ont déjà stocké nombre de calories, des puits de carbone sont à restaurer, et la durée de vie du dioxyde de carbone et des autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère reste longue.)

Nous l’avons encore vécu tout récemment avec l’épisode de canicule, étendu à la France et une partie de l’Europe entrainant son corollaire récurrent : un épisode de pollution atmosphérique.  Malgré encore quelques controverses le scepticisme n’est plus permis. Il est incontestable que les enjeux environnementaux et de santé publique  deviennent une priorité et nous pourrions nous réjouir de cette prise de conscience si elle n’était pas liée à un contexte d’urgence (… enfin ! dirais-je)  et la nécessité impérieuse d’agir. Si nous pouvons agir sur notre mode de vie, réduire nos consommations nous ne pouvons être privés d’air ! 

Malgré la permanence d’incertitudes  sur l’ampleur de ce réchauffement, un consensus émerge depuis 2000sur le fait que les effets du réchauffement se font déjà sentir de manière significative et devraient s’accroître à moyen et long termeset qu’il serait irréversible sauf actions concertées, locales et planétaires.

Notre métropole à son échelle a pris sa part et a initié un plan Climat en 2012 décliné 
en différentes actions et le plan Oxygène en 2016 pour agir en faveur de la qualité de l’air, outils d’une politique publique volontariste. 

Au passage, je souhaiterais particulièrement insister sur les expérimentations conduites dans notre métropole, à généraliser, à l’instar de la production de biogaz à la station Aqualyon à la Feyssine à partir des boues issues des eaux usées pour alimenter en énergie dite verte520 foyers ce qui réduit les rejets dans l’air.

Outil au service de ces politiques volontaristes, l’association ATMO, observatoire de la qualité de l’air et de la pollution atmosphérique conduit également des actions d’informations, de communication et d’études. Dans le cadre de ses missions, elle accompagne et soutient les collectivités et épaule les actions déclinées par la métropole. Outre la cotisation et la subvention, la métropole consent un effort supplémentaire cette année, par le versement d’une subvention exceptionnelle. Ce que nous soutenons compte tenu des enjeux.

Si l’on ne doute pas des missions et services rendus, nous émettons une réserve et souhaiterions une amélioration. Certaines communes ont, en effet,  interrogé cette association et n’ont jamais obtenu de réponses, ni même une réponse formelle ou un accusé de réception. En outre, si des mesures sont faites à partir de capteurs, peut-on nous assurer de la réalité des chiffres constatés de leur précision dans des secteurs où des capteurs n’existent pas et les chiffres sont issus de résultats de modélisation. 

Enfin suite aux épisodes de canicules, les restrictions imposées en faveur d’une circulation différenciée selon les vignettes Criter sont censées restreindre les émissions de particules fines et autres gaz polluants à effet de serre estimés à hauteur de 65%. Mais au vu du nombre de véhicules circulant non munis du précieux sésame, l’on peut s’interroger de l’impact bénéfique réel de cette mesure et des moyens mis en œuvre au-delà des vœux pieux pour atteindre les objectifs escomptés. 

Quels sont les moyens réels développés ? La seule action répressive est mal perçue si elle n’est pas accompagnée de mesures alternatives renforcées, tels l’augmentation des services de transports en commun, l’incitation au covoiturage, l’extension du tick’air par le Sytral à l’approche d’un épisode de canicule… . Des mesures des pouvoirs publics certes à améliorer mais également des mesures pédagogiques auprès des citoyens pour les inciter à s’inscrire dans une démarche de responsabilité partagée jusqu’à devenir  un réflexe.

Je vous remercie de votre attention