Synergies-Avenir - Élus indépendants Grand Lyon, La Métropole

Plan des déplacements urbains (PDU) révisé

Max VincentIntervention de Max VINCENT – Groupe Synergies-Avenir

Conseil de métropole du 06 mars 2017

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Nous devons ce soir donner un avis quant au « projet du plan des déplacements urbains ».

La délibération qui nous est présentée rappelle le contexte de cette révision avec la mise en œuvre des actions prévues par le PDU de 2005, fondée sur une mobilité durable avec un fort développement des transports collectifs urbains en périphérie du cœur d’agglomération, sans oublier une meilleure organisation et une maîtrise des flux routiers et d’un support nouveau à la voiture. Cependant, le renforcement des itinéraires de contournement pour écarter le transit de l’agglomération fait apparaître un point dur persistant entre l’A89 et l’A6.

Les résultats de la nouvelle enquête « ménages » des déplacements de l’agglomération lyonnaise de 2015 font apparaître des éléments encourageants avec une diminution des déplacements en voiture au profit d’un renforcement de l’usage des transports en commun. Il faut donc poursuivre cette politique voire même l’amplifier. Cela va dans le bon sens si l’on veut améliorer la qualité de l’air. Ceci étant, notre agglomération se développe fortement tant sur le plan démographique qu’économique, tout en prenant en compte les évolutions sociétales. Notre agglomération doit répondre à ces nouveaux enjeux avec la prise en compte du SCOT, du PCET et du PPA ainsi que la SRACE Schéma Régional Air Climat Energie.

Le Sytral s’est vu conforté dans sa qualité d’autorisation d’organisation des transports ce qui lui permet d’élaborer un nouveau PDU sur un territoire élargi et plus pertinent. Ce projet de révision du PDU prend en compte le territoire de l’agglomération lyonnaise au sens large. La concertation très large mise en place a permis d’élaborer ce projet de PDU révisé qui a été arrêté par le Sytral qui l’approuve lors du comité syndical le 9 décembre 2016.

Il ressort de ce document quatre enjeux majeurs : cadre de vie et santé publique, équité et cohésion sociale, bonne utilisation du mode de déplacement au bon endroit, faire évoluer les comportements des usagers afin que chacun s’approprie les différents outils du système de mobilité. On ne peut qu’être d’accord sur ces quatre enjeux qui définissent les objectifs et niveaux de résultat à atteindre, à savoir limiter en priorité les déplacements réalisés en voiture et deux roues motorisés au bénéficie des déplacement à pied en transport collectif (TCL TER et en vélo) qui a pour but de réduire les gaz à effet de serre et pour cela renforcer le réseau de transports collectifs pour répondre aux enjeux de développement de notre agglomération. Nous ne pouvons qu’approuver les 8 axes stratégiques qui regroupent les 122 actions définies. L’analyse du projet de PDU insiste sur la mobilité des biens et des personnes en lien avec le développement urbain multipolaire porté par la SCOT et la révision du PLUH.

Il convient de relever le défi de la construction d’une métropole qui conjugue le développement économique, la maîtrise des risques et des ressources. Or, c’est par la mobilité que les usagers s’approprient la diversité de la ville et organisent ainsi « leur vie » en lien avec leurs activités et les autres habitants.

À ce sujet, les propositions du PDU prennent en compte la faisabilité du projet de territoire porté par le SCOT avec les spécificités du territoire sur les secteurs Nord, Ouest, Est et Centre, Lyon, Villeurbanne. Le PDU retient à travers son plan un certain nombre d’actions comme en témoigne l’éclairage par focus territoriaux, soit l’identification de huit corridors prioritaires.

Il y a lieu de constater qu’il manque un secteur en plein développement c’est le Nord-ouest et aussi d’une certaine façon le secteur de Craponne, Saint-Genis-les-Ollières qu’il conviendrait d’ajouter au corridor Tassin-Francheville ; ce qui est surprenant voire inquiétant c’est que le secteur Nord-ouest qui englobe les communes de Techlid, Champagne au Mont d’Or, Dardilly, Limonest, La Tour de Salvagny, voire Ecully, et les communes des Monts d’Or dont le bassin versant donne sur Vaise, Lyon 9ème
comme Saint-Cyr-au-Mont-d’Or et Saint-Didier-au-Mont-d’Or n’est absolument pas mentionné d’autant plus que le déclassement de l’A6-A7 de Limonest Dardilly à Pierre Bénite est intervenu après l’élaboration de ce PDU. Or, le projet de PDU révisé   ne prend pas en compte notre secteur, ce qui est une grave lacune. Il y a urgence à inscrire un 9ème corridor dans ce projet de PDU révisé.

Nous aurons aussi à gérer le problème de temporalité par rapport à la réalisation des diverses infrastructures routières, sans oublier l’Anneau des Sciences de même qu’il est fait allusion dans le rapport de la coordination des transports collectifs lyonnais avec les TER. Or, quid des infrastructures ferroviaires telle que la ligne Saint Paul Lozanne qui n’est pas inscrite dans le contrat de plan État Région, quid des travaux à entreprendre sous le tunnel des deux amants afin de fluidifier le trafic ferroviaire, indispensable si l’on veut des liaisons rapides avec le centre-ville.

Autre point qui n’est pas précisé dans ce rapport, quid de l’aménagement de nos infrastructures pour permettre une meilleure circulation de nos bus dans nos bourgs qui dans le cadre du PLUH, voient les constructions de collectifs se développer. Le SCOT prévoit 150 000 habitants dans les années à venir. Or, même si des efforts en matière de transport collectif ont été réalisés, il y a lieu de bien appréhender ces nouveaux enjeux. Je trouve que le projet de PDU révisé ne met pas suffisamment l’accent sur les enjeux des transports en commun sur les communes de la 2ème Couronne. S’il est vrai que des progrès sensibles ont été réalisés dans le centre Lyon Villeurbanne et les communes de la 1ère Couronne, il y a lieu de mettre « le paquet » en matière d’investissement au niveau des déplacements et de la mobilité sur les communes de la 2ème Couronne si l’on veut une mobilité harmonieuse sur toute la Métropole. C’est pourquoi, il me paraît dommageable de diminuer la contribution de la métropole au Sytral car cela ne peut que retarder la mise en œuvre des projets à venir et à réaliser, surtout s’il convient d’en rajouter.

Ce projet de PDU revisé est certes dense et positif mais il y a des territoires qui ne sont pas pris en compte voire pas suffisamment, même si des progrès et des efforts ont été réalisés dans le domaine des transports en commun, il y a lieu de combler rapidement certaines lacunes. C’est la raison pour laquelle certains de nos collègues du groupe Synergies-Avenir, suite aux délibérations prises par leurs conseils municipaux, se réservent le droit de s’abstenir ou de voter contre le projet de PDU révisé tandis une grande partie du groupe approuve le projet de PDU révisé.

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