Synergies-Avenir - Élus indépendants Grand Lyon, La Métropole

Protection de l’enfance – Internats expérimentaux

Nathalie FrierIntervention de Nathalie FRIER– Groupe Synergies-Avenir

Conseil de métropole du 02 mai 2016

Monsieur le Président, chers collègues,

Au nom du groupe Synergies-Avenir, je vais revenir sur le fonds de ce dossier.

En effet, s’il est normal d’avoir des divergences et de débattre sur tous les sujets, il est toujours dommage que la polémique concerne un dispositif de soutien
aux plus fragiles, nos enfants. Mettre l’humain au cœur des politiques publiques, c’est bien l’ambition du projet métropolitain. Et cette priorité à l’humain nécessite un pragmatisme et un humanisme qui  s’accommodent mal du petit jeu politique.

Parfois l’environnement familial n’est plus propice à l’épanouissement et à l’éducation des enfants. C’est un échec cruel, c’est toujours un déchirement. Mais si les dispositifs d’aide à l’enfance, qu’ils soient sociaux, administratifs ou judiciaires, ne suffisent pas, alors il est bon de pouvoir proposer autre chose. On doit admettre que pour certains les mesures classiques ne fonctionnent pas. Et le faire sans baisser les bras.

Tout doit être mis en œuvre pour lutter contre le risque d’exclusion, de décrochage scolaire qui trop souvent est le prélude au dérapage. Nous devons garantir la bonne insertion sociale de ces enfants.

Permettre à chaque enfant de s’en sortir, de réussir dans la vie en dépit des difficultés de sa famille, c’est l’objet de ces internats expérimentaux. Pour certains, ils viennent dans la continuité d’une longue tradition locale, cet humanisme lyonnais évoqué au début.

D’après ses compétences, il est parfaitement normal que la Métropole puisse s’engager dans cette démarche, que ce soit sur son territoire, ou sur le territoire du département du Rhône pour des enfants issus de la Métropole et accompagnés par ces structures.

L’engagement financier de la Métropole n’est pas négligeable, c’est le signe d’une volonté réelle d’engagement dans une démarche de fond.

Il fallait donc prendre le temps de la réflexion pour bâtir un projet adapté, faire évoluer les choses, face à la nouvelle donne d’aujourd’hui,  aux nouveaux problèmes des enfants mineurs. Le travail d’éducateurs professionnels sera assurément utile.

Il est positif aussi que l’on se donne le temps de voir ce qui marche, en montant progressivement en charge.

Cette action est emblématique des partenariats qui sont nécessaires à la réussite de nos actions : la Métropole ne peut pas tout faire elle-même, mais elle peut soutenir les acteurs qui connaissent le terrain et les problématiques. L’ADPEP (Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement Public) en est un.

Face à ces sujets, tant de l’enfance en difficulté que de la réussite scolaire, nous ne pouvons que regretter le manque de prise en compte au sein de l’Éducation Nationale des problématiques individuelles. Il est difficile certes de s’adapter à chaque enfant. Est-ce d’ailleurs souhaitable, si l’on veut garder une cohérence ? Mais il faut considérer chacun comme un être à part, avec ses doutes, sa complexité. L’Éducation est certes nationale, et collective, mais elle forge des destins individuels, et peut contribuer à réparer ce que la Famille n’a pas su faire, ou a parfois défait.

Bien sûr notre groupe votera ce rapport. Je vous remercie.

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