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Pacte de cohérence métropolitain

Marc GrivelIntervention de Marc GRIVEL  – Groupe Synergies-Avenir

Conseil de métropole du 10 décembre 2015

Pacte de cohérence métropolitain

Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Dans le cadre d’une Loi MAPTAM que nous sommes aujourd’hui les premiers, à appliquer de cette façon, avec cette gouvernance, et en définitive les seuls, le pacte de cohérence métropolitain nous a conduits à réfléchir sur nous-mêmes en tant qu’élus, en tant que maires et surtout en tant que citoyens. Ces réflexions ont débouché sur des évidences d’évolutions fortes, qui sont déjà là, influencent, sous-tendent notre quotidien à tous et à chacun.

Et à leurs énoncés, vous conviendrez que nous vivons des temps de changements, de mutations, voire de bascules de notre société, et que nous ne devons pas faire fausse route et nous ne devons pas nous tromper, y compris ne pas nous tromper nous-mêmes.

La première évolution est le renforcement d’une affirmation, d’une évidence déjouant tous les détracteurs de la proximité et les experts auto-persuadés que les communes sont inutiles. Oui, au- delà des impératifs quotidiens, des nécessités d’écouter, de communiquer, de manager, d’encourager, de représenter, de convaincre, de résoudre des conflits, de trouver des solutions,  le métier de maire est fondamentalement de décider.

De décider pour et  au nom des citoyens qu’il représente, de décider de prendre des risques, de se mettre en danger pour l’intérêt général, en définitive de faire de la vraie politique.

Alors, pourquoi faire un pacte aujourd’hui qui n’est que la consolation d’une responsabilité perdue, confisquée demain, celle de décider  comme nous l’avons toujours fait  avec l’ensemble des  conseillers métropolitains des orientations et des actions souhaitables directement au sein des instances délibératives de la Métropole.

La seconde évolution est le retour du citoyen sur la scène politique, ou peut-être l’émergence de ce citoyen différent, autonome, voire indépendant, qui soumet la politique à une nouvelle obligation d’efficacité et d’exigence et  qui revendique une place, une voix, un dialogue, un questionnement, un échange, et des réponses concrètes, claires et non politisées, dans les conseils de quartiers, dans les concertations publiques, dans les coordinations citoyennes, dans les associations dont les bénévoles cimentent la société et la font tenir debout, citoyens qui tapent à la porte des élus pour leur dire que faites-vous ensemble, en notre nom ?. Nous voulons participer avec vous, chacun à sa place. « Ce qui est fait, pour moi, sans moi, est fait contre moi », disait Nelson Mandela.

Eh bien, le citoyen aujourd’hui nous rappelle que si le pouvoir vient d’en haut, la confiance vient d’en bas.

Et le pacte doit donner confiance aux citoyens portés, représentés par leurs communes et donc restaurer ou renforcer leur confiance en donnant des responsabilités pleines et entières ou partagées, aux élus dans les communes, dans les arrondissements, élus légitimés par le vote. Le pacte sera immédiatement soumis  dès son application à cet impératif de création et de maintien de la confiance de tous les citoyens de la Métropole.

Le pacte n’est pas en soi  bon ou mauvais, et au regard de la confiance accordée ou pas il deviendra bon ou il deviendra mauvais. Faisons les efforts pour que la confiance soit l’alliée du pacte parce que le pacte doit respecter la proximité, l’importance quotidienne du local, alors que la Métropole a déjà la tête dans le Mondial.

La troisième évolution montre que les temps sociologiques se sont écoulés, que la manière de rassembler, de fédérer les différences, et de conduire le plus grand nombre sur un projet collectif est l’adhésion.

Nous sommes aujourd’hui au temps de l’adhésion, nous ne sommes plus au temps de l’obéissance. Et la Métropole doit s’inscrire dans cette évolution lourde, sans retour, qui est en fait le temps de l’acceptation de l’intelligence de l’autre.

Faire adhérer est plus difficile que de faire obéir.

L’adhésion, c’est le contrat, et c’est parce que le pacte débouche sur un contrat pour chaque commune, que notre groupe a donné un avis globalement favorable et c’est l’étape nécessaire pour une déconcentration des services de la Métropole au plus près des Maires. Nous y serons attentifs.

La quatrième évolution, enfin c’est l’affirmation de deux nouvelles valeurs qui s’imposent aujourd’hui, et qui refondent l’humain, et donc  la mission des élus que nous sommes. Ces valeurs sont  la solidarité et la responsabilité.

Elles sont inscrites dans l’évolution de ce que vous avez appelé de vos vœux  Monsieur le Président, avancé comme mot d’ordre devenu slogan, il faut rapprocher l’humain et l’urbain. Et bien allons, et il le faut, plus loin. Il faut l’humain dans l’urbain, la proximité de l’humain partout dans l’urbain.

 La solidarité, nous savons faire en tant que maires, et élus de proximité, et ce n’est pas un  hasard si les communes sont appelées à la rescousse, à l’engagement au faire ensemble au-delà du vivre ensemble dans les moments forts, tendus, de remise en cause de notre nation et de nos valeurs. Nous savons jouer notre rôle et faire notre part.

Alors, si nous savons décider, si nous savons représenter le citoyen et le faire adhérer, si nous savons être solidaires, Monsieur le Président, Monsieur le Législateur, au delà de ce pacte et au regard de la loi sur la Métropole de Lyon à l’application unique dans notre pays et injuste et en  revenant sur le mode électoral pour le changer, nous demandons aussi d’exercer pleinement  et définitivement notre responsabilité.

Nous vous remercions de votre attention.

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