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Contrat de ville métropolitain

Valérie GlatardIntervention de Valérie GLATARD – Groupe Synergies-Avenir

Conseil de métropole du 12 décembre 2016

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Les communes de Neuville-sur-Saône et Fontaines-sur-Saône ont saisi l’opportunité de la mise en place de la nouvelle géographie prioritaire pour proposer à la Métropole et à l’État, l’expérimentation du pilotage d’un contrat de ville intercommunal comportant un « quartier politique de la ville » et trois « quartiers en veille active ». Cette distinction s’opère par le jeu de critères particuliers.

Il a été partagé et validé la mise en place de moyens humains adaptés à ce projet à savoir une direction et deux agents de développement, tous co-mandatés par la Métropole, les communes et l’État (pour Neuville s/s).

Nous savons que les moyens humains déployés par la mise en place d’équipes sont une des conditions essentielles pour assurer un suivi de qualité en matière de politique de la ville, assurant à la fois une veille territoriale et une action de proximité par une réelle connaissance de terrain.

Les quartiers de ce territoire classés en veille active, le sont plus par un déficit de concentration de  population (en dessous du seuil de 1000 habitants pour constituer un quartier politique de la ville QPV) que par l’absence de situations de pauvreté elle-même.

Les résidences d’habitat social accueillant ces dernières années des populations vieillissantes, voient un renouvellement de leurs locataires, plus jeunes avec  plus de familles dont les situations sociales et économiques sont particulièrement fragiles.

Les équipes opérant dans les quartiers en Veille Active travaillent actuellement avec l’agence d’urbanisme, en vue de créer des indicateurs de suivi, comme c’est le cas pour les QPV. Ce suivi autant qualitatif que quantitatif permettra aux communes, de veiller à l’évolution de la vie dans ces quartiers.

Au-delà de la veille territoriale, le cofinancement de la métropole sur les QVA permet à l’équipe projet de travailler en proximité des habitants, des acteurs locaux et des acteurs de terrain.Le co-mandatement légitime l’intervention de l’équipe à rassembler tous les partenaires, toutes les collectivités sur l’ensemble des thématiques du contrat de ville et de mobiliser le droit commun.

Demain, si les cofinancements de la métropole n’existaient plus, la capacité d’agir en proximité et de façon coordonnée dans le cadre d’un projet de territoire serait véritablement mise à mal. 

Un des atouts de la création de la Métropole est cette nouvelle articulation des politiques publiques sur le champ de la cohésion sociale, du développement économique et du renouvellement urbain.

Il existe un lien étroit entre les communes et la Métropole ; le travail des équipes facilite l’atterrissage des politiques publiques définies par la Métropole : éducation, développement durable, cadre de vie
et insertion/développement économique. Pour cette dernière thématique par exemple, l’équipe projet contribue, en appui aux maires, à l’implantation pour le  début de l’année 2017 du poste CLEE, axe fort du PMIE.

Aussi, le co-financement de la métropole à travers notamment les postes d’agent de développement agit-il sur le développement local en s’appuyant sur la méthodologie du mode projet pour proposer de nouvelles actions.

Ces postes-là sont également un lien qui est maintenu entre la(es) collectivité(s) et les habitants, car dans ces quartiers fragilisés du Val de Saône, les ressources en équipements publics ou relais de proximité sont parfois peu nombreux. Les habitants font souvent remonter leurs sentiments d’isolement et d’abandon par les pouvoirs publics. Ce sont ces agents qui maintiennent le lien au quotidien, ce qui est encore plus pertinent pour le quartier des Marronniers à Fontaines sur Saône qui fait l’objet d’une PPI sur ce mandat.

Vous l’avez compris, les équipes mises en place sont vitales pour assurer et garantir les objectifs définis par les contrats de politique de la ville. Nous savons que les budgets sont restreints mais il est nécessaire de maintenir les niveaux de financements de certaines politiques publiques, et garantir à chacun de vivre dans une société équitable.

Et de là peut naître une inquiétude.

En cas d’arrêt des co-financements de la métropole sur les QVA, et dans la mesure ou les villes ne pourraient pas maintenir les postes :

– qu’adviendra-t-il de la coordination et de l’animation du projet de territoire ?

– qui travaillera au développement local de façon opérationnelle ?

– qui mobilisera et coordonnera les moyens déployés dans le cadre des politiques publiques de droit commun ou spécifiques et couvrant un large champ de thématique, comme celui du contrat de ville ?

Si les fonctions de pilotages peuvent être conservées, le travail de proximité sera très largement réduit voire disparaitra. Or, ce sont bien les territoires, qui sont le cœur de la métropole, qui participent et contribuent à son rayonnement. Nous ne pouvons pas envisager que certaines populations parce que plus éloignées des villes-centres pâtissent d’une organisation centralisatrice ou de financements qui ne seraient pas cohérents avec les objectifs annoncés.

Si la Métropole veut avancer dans le bons sens, sa tête ne peut se départir de ses bras et de ses jambes…

Je vous remercie de votre attention.

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