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Part-Dieu: bilan de la concertation et création de la Zac Ouest

Joël PiegayIntervention de Joël Piégay – Groupe Synergies – Avenir

Monsieur le président,

Chers collègues,

Il va sans dire que le projet Lyon Part-Dieu qui recouvre 177 ha, est un projet d’aménagement et de requalification ambitieux, entrepris il y a plus de 5 ans, mais néanmoins  nécessaire.

Aménagé  dans les années  80 autour de la nouvelle gare et du centre commercial, le quartier d’affaires constitue  désormais le centre économique majeur  de l’agglomération  avec ses 2 300 entreprises et ses 56 000 emplois.  Sa situation de quartier en centre-ville, connecté à la gare centrale fait de la Part-Dieu une porte d’entrée et un espace de redistribution de flux à différentes échelles spatiales, de internationale  jusqu’à locale.

Aussi, vouloir délocaliser  les flux ferroviaires et déporter le trafic voyageur vers Saint Exupéry, comme parfois évoqué, entrainerait des ruptures de charges trop importantes et engendrerait une désorganisation des équilibres territoriaux. Cependant,  il est indispensable d’assurer une connexion avec l’aéroport Saint-Exupéry facilitée et d’assurer une lecture  des espaces, rendus accessibles  à tous, pour orienter sereinement les voyageurs de toutes nationalités.

Conçue pour accueillir 40 000 voyageurs /jour, la gare est aujourd’hui plus que sous-dimensionnée voyant son trafic augmenté et son nombre de voyageurs triplé. Le pôle d’échanges multimodal  est devenu le premier pôle de correspondance, comptant 400 TER  et 50 TGV quotidiennement. Les 125 000 usagers  journaliers de la gare s’ajoutent  aux 170 000 personnes qui convergent vers ce quartier pour utiliser les transports en commun. Sans oublier, les 34 millions de visiteurs annuels que draine le centre commercial.  En termes de mobilité, le PEM est un véritable centre névralgique qui diffuse sur l’ensemble de l’agglomération. Tout dysfonctionnement qui interviendrait,  impacte le trafic de l’agglomération.

Nous le comprenons, au-delà des chiffres qui placent  le territoire de Lyon-Part Dieu comme le 2e quartier tertiaire français et le premier  pôle de correspondance en France,  ce quartier est reconnu comme un quartier de rayonnement métropolitain à l’attractivité certaine.

Cependant, malgré son niveau d’activité et d’attractivité,  la qualité de ces espaces nécessite une profonde requalification pour une donner une meilleure visibilité à l’échelle européenne et répondre à une demande constante de bureaux.

Cet espace compte plusieurs  enjeux d’ordre économique, urbanistique ou encore en termes de flux et mobilité.

Pour accompagner le développement de ce quartier,  il était indispensable de clarifier le projet,  de déterminer les grands objectifs et établir un programme avec une vision transversale des interventions. En accord sur les objectifs qui nous avaient été présentés lors de différents  travaux, commissions, délibérations, recourir à une procédure de zone d’aménagement concerté (ZAC) pour engager une nouvelle phase opérationnelle, répondait aux exigences de la complexité technique, juridique et financière de cet espace de 38 hectares, situé sur la partie occidentale du périmètre du projet Part Dieu.

Le bilan de concertation préalable à la création de ZAC est positif. Les moyens déployés furent à la hauteur des enjeux. L’intérêt suscité par le projet a recueilli un réel engouement et s’est traduit par la transmission de contributions et d’avis. Le désir du public d’être associé au projet est donc manifeste.  Il est à noter que cette concertation dépasse le simple cadre légal pour se poursuivre par  la mise en place d’un comité d’information et la participation à des ateliers de concertation autour des espaces publics.

Outre les avantages juridiques,  La ZAC est un outil  qui permet une meilleure lisibilité des investissements en  se dotant notamment d’un business plan et d’intégrer les participations des constructeurs au projet.  En effet, les constructeurs et promoteurs participeront aux financements des équipements collectifs à hauteur des superficies crées. L’on peut donc considérer ces participations financières comme un rapport gagnant/gagnant

Le programme global prévisionnel des constructions donne la capacité de réaliser une surface de plancher (SDP) de 540 000 m² dont 305 000 de bureaux (tertiaire). Ceci est loin d’être une hérésie au regard d’une offre inférieure de la demande constante dans ce quartier. Les demandes des entreprises  correspondent  à des exigences de mobilité de ses salariés entre autres, à laquelle la proximité de la gare répond et une connexion assurée avec l’aéroport. Ces activités sont en complémentarité avec celles qui peuvent être développées sur d’autres pôles tels Conflence, Gerland ou même Techlid .  Il n’est donc pas à  craindre un  siphonage d’autres espaces dédiés au profit de la Part Dieu ; chacun ayant une logique d’implantation. Il s’agit bien d’attirer de nouvelles entreprises dont le profil correspond à ce secteur..

L’un des enjeux important de ce projet est urbanistique de par les multiples interventions dans un tissu urbain déjà existant. Vraie particularité de ce projet,  cela implique une complexité des interventions, des choix urbains et architecturaux, pour la reconquête d’un quartier d’affaires. Refaire la ville  sur une ville existante tel est l’enjeu de cette requalification. En outre, le projet s’inscrit dans une rupture de la mono-fonctionnalité en intégrant une mixité des vocations. Ce quartier accueillera en outre 1 600 logements nouveaux.

Et n’en doutons pas, cette problématique se pose dans d’autres villes et même pays. C’est pourquoi, le projet  Part Dieu est observé car il relève d’une véritable expérimentation urbaine pour lequel les moyens doivent être donnés.  Nous encourageons et approuvons ce projet de dimension métropolitaine.

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