Avant propos

Conseil de Métropole du 08 juillet 2019

Intervention de Pierre DIAMANTIDIS 

Monsieur le président,

Cher(e)s collègues,

La mission AMBROISIE m’a été confiée en début de mandat et je souhaite profiter 
de ce temps de parole aujourd’hui pour effectuer un retour sur ce sujet.

L’ambroisie à feuilles d’armoise est l’espèce d’ambroisie la plus répandue en France métropolitaine. Originaire d’Amérique du Nord d’où elle nous est parvenue au milieu du 19esiècle, elle s’est développée le long du 45eparallèle,  sur des nombreux types de sols, tels que les parcelles agricoles, les bords de route et de rivière, les zones de chantiers, 
les terrains vagues et délaissés.

Son cycle annuel est simple : sortant de terre en avril-mai, elle « monte » en feuilles jusqu’au milieu du mois de juillet. Ses florescences apparaissent alors. La dispersion 
des grains de pollen fortement allergisants débute fin juillet début aout. 

Des centaines de millions, voire des milliards d’entre eux sont alors portés par le vent 
sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Début octobre, chaque pied produit entre 1000 et 1500 graines qui se répartissent autour sur un rayon d’environ 1m à 1.50 mètre. Chacune de ces graines peut dormir plusieurs années. Nos amis canadiens estiment qu’elles peuvent dormir jusqu’à 40 ans…

En ce qui nous concerne, la région Rhône-Alpes est historiquement la plus touchée. 
C’est, en effet, en Saône-et-Loire que cette plante est apparue dans un herbier en 1863. 

Aujourd’hui, d’après une récente étude de l’O.R.S., 12 à 13 % de la population de 
notre région Auvergne Rhône-Alpes serait devenue allergique, soit plus de 600 000 personnes. Ce qui a coûté, en 2018, 41 millions d’Euros à l’Assurance maladie, hors la M.S.A. et l’A.S.S.I.  

Pour notre seule métropole, environ 170 000 personnes sont allergiques à ce pollen, 
ce qui, d’après l’A.R.S. aurait coûté à l’Assurance maladie environ 11 millions d’Euros en 2018.

Les moyens de lutte son t de plusieurs ordres : 

  • Curatifs : arrachage des plants jusqu’à fin juin, début juillet pour les petits linéaires, déchaumage avant fin juillet pour les agriculteurs, coupes à l’épareuse pour les plus grandes surfaces (début juin et mi-septembre, afin de l’empêcher 
    de faire ses graines en octobre) ;
  • Préventifs :créer un couvert végétal en effectuant des semis d’automne (gazons, praires, moutarde, céréales d’hiver, etc…) 

Jusqu’à maintenant, et avec l’appui de l’A.R.S., du R.N.S.A., de l’Observatoire des ambroisies et de nos 106 référents communaux, nos actions ont essentiellement porté sur :

  • l’information du public par diverses manifestations afin d’inciter nos concitoyens 
    à arracher ou à signaler au moyen de la plateforme « Signalements Ambroisie »   les plants qui sont relevés lors de déplacements pédestres ou cyclistes ;
  • l’information des professionnels de santé par les diffusions de flyers et d’affichettes à placer dans les cabinets et les officines ;
  • la formation des agents et les interventions de nos services de la Propreté et de la Voirie

Il est à souligner la constante implication des services de notre métropole que je tiens ici à remercier : 

  • la D.D.U.C.V. avec les directions du Développement durable, de la Propreté et de la Voirie ;
  • la D.S.H.E. et, notamment, son service promotion de la santé.

Je voudrais aussi remercier les deux présidents successifs de notre métropole et les maires de nos communes qui, tout au long de mon mandat, m’ont soutenu.

L’éradication de l’ambroisie n’ayant pas de conséquence sur la biodiversité  puisqu’il s’agit d’une plante exogène sans prédateur connu dans notre pays, devient un véritable problème de santé publique. Peut-être, dans un avenir proche, faudrait-il  en confier 
la gestion au service santé de la D.S.H.E., à l’instar de ce qui se fait déjà pour les villes de Lyon, de Vaulx-en-Velin ou de Vénissieux ?

Je vous remercie de votre attention.

Notes :                     

D.D.U.C.V. : Direction Développement Urbain & Cadre de Vie

D.S.H.E. : Direction Développement Solidaire Habitat & Éducation