Délibération° 2019 -3326 : PLAN OXYGÈNE – INSTAURATION D’UNE ZONE À FAIBLES ÉMISSIONS (ZFE)  Approbation d’une 1re étape – Approbation du dispositif d’aide à l’achat de véhicules propres 
de transports de marchandisesApprobation de conventions – Attribution de subventions

Conseil de Métropole du 28 janvier 2019

Intervention de Pierre DIAMANTIDIS – Partie 1 –

Monsieur le président, cher(e)s collègues,

S’il est évident que le plan Oxygène emporte notre adhésion sans réserve, encore faudrait-il que nous nous donnions les moyens de sa mise en place.

La mobilité de nos concitoyens, par exemple, est un élément primordial puisque les déplacements sont un des facteurs principaux de la pollution de l’air. Parcourons en quelques éléments :

. le vélo :un effort incontestable a été fait tant par l’implantation des stations Vélo’v que par l’extension des pistes cyclables, l’aide à l’achat de vélos électriques ou la location longue durée de vélos électriques… Mais il nous faudra encore de nombreuses années pour rejoindre Amsterdam… ;

. le covoiturage :il reste marginal malgré les efforts de certaines communes pour le promouvoir ;

. l’auto-partage :si la ville centre est bien dotée de stations Bluely, trop peu de communes en sont équipées :

. le télétravail :la mobilité la moins polluante étant l’immobilité, ou plutôt l’absence de déplacements physiques,  le télétravail doit impérativement se développer. Nous-mêmes, nous ne sommes pas très exemplaires puisque après plusieurs années d’études et d’hésitations, nous venons seulement d’accepter que 140 de nos agents puissent en bénéficier sur 385 dossiers présentés et 500 souhaités par notre président.

. la marche à pied :à part quelques communes exemplaires (Caluire, Montanay, Grigny, j’en oublie certainement), la mise en place des Pédibusne parvient pas à demeurer pérenne et les expériences tentées s’arrêtent,  les parents se décourageant. Ils préfèrent alors continuer à amener leurs enfants en voiture à l’école… ce qui, bien sûr, est mauvais pour l’environnement et pour la santé des enfants ;

. les transports en commun : deux acteurs essentiels jouent un rôle : 

  • la SNCFpar l’intermédiaire de la Région avec qui une convention vient d’être signée par notre président devrait améliorer ses liaisons T.E.R. afin d’en faire un véritable R.E.R. 
  • le SYTRALqui, directement par ses investissements, et indirectement par le service apporté à notre population, a un rôle essentiel à jouer dans notre plan Oxygène.

On peut toutefois s’interroger sur l’engagement de notre syndicat des transports publics quand on apprend que 250 autobus « propres » seront disponibles seulement d’ici 2025 et que des bus à moteur diesel sont encore livrés jusqu’en 2020. Cela laisse songeur…

Aux heures creuses et pendant les week-end, il n’est toujours pas question d’allongement des horaires et d’augmentation réelle des cadences des dessertes des communes et des zones économiques situées hors des centres villes de Lyon et Villeurbanne qui eux sont d’ores et déjà bien desservis.

C’est ainsi par exemple, que, pendant la semaine, la 2ezone d’activités de notre métropole, TECHLID,  n’est, desservie que par 5 lignes de bus dont certaines au cadencement tout à fait insuffisant (6 rotations le matin, 6 rotations le soir) qui impose aux employés (environ 30 000 personnes) et aux visiteurs et clients l’utilisation de leurs véhicules. 

Je citerai un autre exemple : en moins de dix ans, ma commune a connu une croissance démographique de plus de 15 %… et la cadence horaire des bus a diminué de plus de 20 %. Et, hélas, nous ne sommes pas seuls dans cette situation. Un grand nombre d’autres communes connaissent la même situation. Une juste adéquation entre l’offre et la progression démographique s’impose.

Je mentionnerai aussi l’absence totale d’à-propos lors des fêtes et événements se déroulant pendant les week-ends dans les communes situées hors de la ville centre et pour lesquels aucune modification du nombre et de la fréquence des autobus n’est prévue. Ce qui oblige les visiteurs éventuels à utiliser leurs voitures s’ils veulent y participer.

Etc, etc,etc.

Alors au-delà des beaux discours, il nous faut maintenant et rapidement des actions concrètes afin de rendre nos transports en commun plus attrayants et plus confortables. Cela contribuerait à diminuer la nécessité d’utiliser la voiture dans nos villes et villages et participerait à la réalisation des objectifs  de notre plan Oxygène.Je vous remercie de votre attention et je passe la parole à notre collègue Pierre Curtelin.

Intervention de Pierre CURTELIN – Partie 2 –

Monsieur le président,

Chers collègues,

Sur le principe de l’instauration d’une zone à faibles émissions, bien entendu, notre groupe est favorable, malgré quelques réserves et observations de certaines communes liées aux conséquences collatérales. Ce qui s’entend dans le cadre d’une expérimentation. 

Mon collègue Pierre Diamantidis  a particulièrement insisté sur les mesures envisagées et les efforts à mettre en œuvre quant à la mobilité, principal émetteur de la pollution de l’air.  Car la mobilité ne doit pas être observée à l’aune des villes centres et il nous faut éviter de pratiquer  du lyonno centrisme.  En effet, cette ZFE impacte également les communes 
de périphérie, en limitant l’accès à leurs habitants du centre économique de la métropole qui ne bénéficient pas d’autant d’offres de transports alternatives que les habitants des villes centres et sans doute d’un report de la pollution de l’air.

On ne peut pénaliser les utilisateurs de véhicules si en contrepartie on n’offre pas un service et un réseau performant de transports en commun. Il est donc indispensable que l’on accentue le déploiement de bus non polluants sur l’ensemble du territoire métropolitain (les communes exclues de la ZFE redoutent de voir la flotte de bus diesel affectée aux communes qui ne relèvent pas de  ce périmètre), le réseau de station velo’v (qu’ils soient électriques ou pas) et des voies cyclables sûres. Un effort doit aussi être porté sur les équipements pour pouvoir garer les vélos dans les gares de façon sécurisée. Et ceci pour toutes les communes périphériques a la ZFE.

De plus, si 48 000 Grands Lyonnais sont concernés par les dépassements de seuils de pollution admis selon les normes européennes, tous ne sont pas dans cette ZFE. Certes, il nous est annoncé qu’à l’horizon 2030, les objectifs de la ZFE seraient de voir tous les seuils abaissés pour tous… mais en attendant…

Nous regrettons que la ZFE ne s’applique qu’aux véhicules utilitaireset poids lourds parce que certes ils représentent 51% des émissions routières de NOx, 41% des émissions de PM10 et 40% des PM 2,5  pour seulement 25 % des kilomètres parcourus. 

Concernant les utilitaires, nombre d’artisans sont confrontés aux problèmes de circulation mais surtout de stationnement quand leur chantier de longue durée s’étale sur plusieurs jours ; c’est le cas d’entreprises de rénovation, de couvreurs etc. Le coût de stationnement impacte la facture finale, ce qui lèse l’artisan mais aussi le client. Pourquoi ne pas réfléchir à un forfait chantier permettant de ne pas défavoriser certains artisans et de de respecter la libre concurrence ? 

La livraison au dernier kilomètre si elle a été étudiée en hyper centre doit faire l’objet d’une réflexion élargie. 

Les utilitaires sont concernés par ces mesures. Mais pourquoi ne pas l’étendre à tous les véhicules. Ne serait-ce peut-être qu’aux voitures nouvellement immatriculées par les particuliers ?Les véhicules particuliers, qui représentent 40% des émissions de dioxyde d’azote, ne sont pas inclus en effet dans la ZFE. De quoi là à la qualifier de « zone de faibles ambitions » comme notre collègue  métropolitain Pierre Hémon, il n’y a qu’un pas.

Ainsi le particulier s’inscrirait dans une démarche de changement de comportement vis-à-vis de l’utilisation des moyens de transports. Mais il est impératif de revoir les calendriers pour laisser des délais raisonnables aux acteurs économiques et aux particuliers, les uns pour revoir leur flotte et les autres pour ne pas les pénaliser et laisser le temps d’une anticipation. Car ce sont ont souvent les habitants les plus précaires qui sont avant tout impactés par cette contrainte, pourtant nécessaire. Des mesures incitatives et d’accompagnement devraient s’étendre non plus aux seuls acteurs économiques mais aux particuliers. Nous ne devons pas opposer les ambitions environnementales aux mesures économiques et ne pas créer une métropole à deux vitesses.

Ensuite la question des stationnements payantssur la voie publique se pose.  En effet les résidants des villes centres bénéficient d’un tarif résidentiel pour occuper les places de stationnement sur la voie publique. Connait-on l’impact de cette mesure sur l’utilisation de leur véhicule en semaine ? Renoncent-ils à l’utiliser au profit des transports en communs ? Pourquoi ne pas réfléchir à des mesures intermédiaires plus en faveur de l’autopartage et renoncer à plusieurs véhicules par foyer dans l’hyper centre, comme la tendance le signale.

Le regard  et le rapport à son véhicule évoluent et les pratiques se modifient. 

Les politiques publiques si elles n’incitent pas aux changements sociétaux, doivent tout au moins en tenir compte et les accompagner.

Le Sytral doit impérativement s’adapter pour offrir une offre pertinente. En effet encore une fois, il parait insensé d’imposer des contraintes aux Grands Lyonnais si dans le même temps l’offre de service publique ne s’adapte pas c’est aussi une question de santé publique. 

Je vous remercie de votre attention.