Délibération N° 2019-3338 et 3417 : Projet coeur de presqu’île

Conseil de Métropole du 18 mars 2019

Intervention de Pierre DIAMANTIDIS

Monsieur le Président, cher(e)s collègues,

La délibération qui nous est soumise est la 9e, en deux ans et demi, concernant la projet Cœur de Presqu’ile. 

Certaines d’entre elles ont été examinées en commission Urbanisme (2019-3417), l’autre en commission Voirie et déplacements (N° 2019-3338) faisant passer son coût initial de 23 millions à 51 millions…dont près de 8 millions en frais d’études et d’honoraires de maîtrise d’œuvre et/ou de maitrise d’ouvrage. 

Le 10 novembre 2016, nous approuvions une demande de budget d’études pour un montant 1,8 million.

Le 11 septembre 2017, nous approuvions le lancement de ces travaux pour un montant total TTC de presque 27 millions d’euros dont 3,6 millions d’études et d’honoraires.

…et aujourd’hui, on nous demande d’approuver pour ce même projet – en deux délibérations  (une présentée en commission Urbanisme et l’autre en commission Voirie)  un nouveau budget de 22,7 millions dont

  • 2,34 millions de frais d’études et d’honoraires,
  • 3,4 millions représentant l’augmentation des devis initiaux des entreprises qui – excusez-moi l’expression – privilégieraient et « loucheraient » vers les chantiers du Grand Paris en  région parisienne et ne voudraient s’engager à moyen terme… 

D’autre part, si vous prenez la peine de lire l’énoncé de la délibération 2017-2014 du 11 septembre 2017 et celui de la présente délibération, vous constaterez que plusieurs paragraphes relèvent du copier/coller…

Nous comprenons que les abords de l’hôtel de ville de Lyon, cœur historique puissent être considérés comme un élément de l’image emblématique que l’on donne à voir. Cependant si des travaux de remise en état s’imposaient pour les places des Terreaux et Louis Pradel, ceux engagés sur les rues de la République et Victor Hugo – déjà refaites il y a moins de vingt-cinq ans – auraient pu peut être attendre un peu, le prochain mandat soit dans juste un an, à l’instar de ce qui est demandé dans plusieurs communes dans le cadre des projets pluriannuels d’investissement ; les communes étant invitées à accepter un glissement de leur projets de PPI sur le prochain mandat soit en raison de retard ou de financements « moins disponibles ». 

À cet égard, le groupe Synergies-Avenir avait souhaité dès la fin 2001 que soit établie la règle des 3 sphères ou des trois tiers. À savoir une répartition équitable des investissements entre :

  • Les projets dits d’agglomération c’est-à-dire structurants et dont la dimension participait au rayonnement et à tous les habitants de l’agglomération
  • Les projets d’investissement pour les villes-centres de Lyon et Villeurbanne
  • Et enfin une enveloppe dédiée aux projets d’investissements dans les communes hors villes centre

la répartition entre les trois sphères étant entendue à part égale.

Or, un glissement de sémantique est apparue depuis ce mandat et sont désormais évoqués 3 tiers : les projets dit territorialisés, ceux de proximité et ceux métropolitains…  si nous en comprenant la logique, cette répartition sied moins à la transparence. Les projets des villes centres et en particulier de Lyon se retrouvent aisément dans chacun de ces « nouveaux » trois tiers.

Aussi, bien qu’en fin de mandat, nous redemandons comme c’est le cas depuis le début, quels sont les critères définissant les priorités d’investissement, quels sont les coûts prévisionnels et réels affectés à chaque projet. Comment est-il possible que certains projets connaissent de tels dépassements et ce, de façon récurrente. Sur quelles bases sont déterminés les montants et coûts de travaux et d’études des appels d’offres, quelles sont les mesures prévues en cas de retard…. ?

Doit-on accepter toutes les conditions sans mot dire des maitres d’œuvre alors que la métropole est à l’instar des collectivités territoriales l’un des principaux investisseurs ?

Enfin, nous pouvons nous étonner de certaines pratiques en interne  : voir des projets inscrits en PPI décalés et opérer un glissement vers le mandat suivant faute de ressources  alors que parallèlement  des opérations conséquentes non prévues en début de mandat puissent bénéficier de ressources.

Les fonds dégagés de ce qui ne nous apparait pas comme prioritaires et non argumentés d’ailleurs auraient ainsi permis un appui au plan Oxygène par le financement des investissements du SYTRAL. 

C’est aujourd’hui que nous respirons mal ! « La maison brûle ! » disait déjà Jacques Chirac 

Devons-nous attendre 2025 pour mieux respirer ?

Vous comprendrez, Monsieur le président, qu’à titre personnel je ne peux pas voter favorablement cette délibération.

Je vous remercie de votre attention.